projets

047_LAPIS LAZULI

Extension du bâtiment du service des étudiants Sénégalais à l’étranger de l’ambassade du Sénégal à Paris

Paris XVI (75) | 2014
MO : Ambassade du Sénégal
MOE : Criss Crossing
C : 300 000 euros HT (estimation travaux)
S : 30 m² + 13 m²
M : Faisabilité - Esquisse
> :
image : Bastien Fencke

LE CONTEXTE

Le service des étudiants sénégalais à l’étranger de l’ambassade du Sénégal à Paris occupe le 32 rue de la Tour dans le 16ème arrondissement de Paris. Le bâti est composé d’un immeuble en R+3 côté rue. Suivent une partie en rdc recouverte d’une verrière et une petite avancée en R+ 1 vers le jardin. Cette parcelle longue et étroite se termine par une séquence de verdure en fond de parcelle, un espace vert protégé de 80m².

Le bâtiment a été rénové en 2008 en espace de bureaux. Le Jardin a été nettoyé mais ne fait pas l’objet d’un traitement soigné. Les arbres, 7 grands érables sycomores, y poussent tranquillement et ombragent le jardin de leurs hauts feuillages.

En 2012, le service des étudiants sénégalais à l’étranger de l’Ambassade du Sénégal à Paris emménage dans ce bâtiment fraîchement rénové. Il abrite des services administratifs, un usage rigoureux, qui nécessite concentration et calme. Cette fonction doit être préservée.

LES BESOINS

Le service des étudiants s’installe mais un manque se fait ressentir ; un espace pour aller au-delà de la fonction purement administrative. Le programme se définit alors ainsi : créer un lieu pour accompagner les étudiants au-delà des études, un espace pour connecter les acteurs économiques, scientifiques, culturels et les étudiants, un espace de dialogue et de partage.

Le projet propose donc par diverses interventions fines de réorganiser une partie des espaces administratifs pour faire émerger un espace que nous nommerons « l’AGORA ».

LE PROJET – en 5 points

  • 1/ Regrouper les fonctions administratives dans les étages

La première intervention est de regrouper toutes les fonctions administratives dans les étages. Les deux bureaux créés au moment de l’aménagement au RDC côté jardin sont déplacés vers le R+ 1. La verrière est alors surélevée d’un niveau et un plancher est créé pour permettre de retrouver un espace pour deux bureaux sous verrière en R+1.

Cette répartition des usages en R+1 peut également s’envisager d’une manière différente. La salle de réunion donne aujourd’hui sur le jardin, elle pourrait être déplacée dans l’espace sous verrière créé, et l’ancienne salle de réunion, qui offre une vue à l’extérieure, pourrait accueillir les deux bureaux dans un open espace paysager.
La répartition du programme en R+1 nouvellement créée se fera en consultation du personnel et des besoins précis de chacun.

Pour compenser la suppression de la verrière et l’apport de lumière en rdc, des parties du plancher créé sont vitrées avec un verre sablé sécurit. Les ouvertures dans le plancher, placées le long du mur mitoyen, permettront à la lumière de glisser le long du mur pour éclairer des postes de travail temporaires destinés aux étudiants en rdc.

  • 2/ Ouvrir l’espace du RDC sur le Jardin

Le RDC, ainsi libéré de toute fonction administrative, est prêt à accueillir une nouvelle fonction plus conviviale.

Pour parfaire la question de l’éclairement de cet espace en lumière naturelle, la façade côté jardin est entièrement ouverte sur toute la hauteur et sur toute la largeur.

Des menuiseries accordéon coulissantes en bois sont installées pour permettre d’avoir la plus grande surface de vitrage possible et donc le plus grand apport lumineux. L’espace du rdc sera donc baigné dans un lumière filtrée par la végétation du jardin.

Ce système de menuiseries permet également d’ouvrir la façade dans son ensemble et d’entamer un dialogue entre l’espace du rdc et le jardin. La présence de ce jardin, aujourd’hui très peu perceptible depuis l’intérieur du bâtiment, devient une composante structurante de l’espace du rdc. Espaces intérieur et extérieur sont pensés comme un même lieu. Le jardin donne de la perspective à l’espace du rdc et sa mise en valeur offre aux usagers un vrai espace extérieur praticable.

  • 3/ Equiper le rdc pour permettre plusieurs usages

Cet espace en rdc, ainsi libéré et ouvert sur le jardin, devient l’espace manquant au service : un espace d’AGORA. D’une superficie de 46 m², il est équipé de manière à pouvoir se transformer et moduler l’espace pour accueillir une grande variété d’évènements, aussi bien en taille qu’en contenu.

Sa fonction actuelle d’accueil des étudiants et d’espace multimédia est conservée. Une tablette est installée sous les arrivées de lumière en plancher pour accueillir des postes informatiques afin de permettre aux étudiants d’accéder à une connexion internet. Cette fonctionnalité est maintenue en permanence.

Un système de rails en plafond et de 2 grands rideaux acoustiques permettent de transformer l’espace.

Pendant les périodes sans évènement, les rideaux sont rangés contre les murs périphériques et participent au confort acoustique propice au travail. L’espace est largement ouvert comme un grand atelier dans lequel les étudiants peuvent s’installer pour travailler grâce à un mobilier déployable. Baigné dans une lumière filtrée par les arbres, l’espace se prolonge visuellement dans un jardin qualifié.

En période d’évènement programmé, selon la taille de la rencontre, les rideaux permettent de reconstituer deux espaces clos et insonorisés de tailles différentes. Le jeu des rideaux permet de créer soit un espace en longueur pouvant accueillir environ 42 places assises, soit un espace plus convivial le long de la baie vitrée donnant sur le jardin d’une trentaine de places assises.

Le mobilier amovible et les rideaux permettent de préparer rapidement les espaces.

LE MOBILIER

Sur la base d’un module en bois faisant référence au cajon (instrument de musique), 52 pièces constitueront la base de l’aménagement de l’AGORA.
Ces caisses en bois permettent de s’assoir et de supporter des planches pour créer des tables.
Ce mobilier en bois sera également le support à une œuvre d’art d’un artiste sénégalais invité. Quand le mobilier sera rangé et empilé contre un mur, l’œuvre sera visible dans son ensemble. Selon les usages, les pièces s’éparpilleront dans l’espace dispersant les morceaux d’œuvre.

  • 04/ Un nouvel espace en fond de jardin - une architecture éphémère

Les contraintes de la parcelle et de l’espace vert protégé de 80m² rendent impossible une extension de l’espace sur le jardin. Un espace supplémentaire est pourtant nécessaire pour répondre aux besoins de la commande.

Nous avons alors choisi une approche délicate usant du langage des architectures éphémères ou encore du mobilier de jardin pour proposer une intervention légère qui se posera délicatement dans le fond du jardin pour un temps à définir. Construction temporaire, démontable, elle peut s’effacer aussi vite qu’elle sera installée.

Nous l’appelons la POP UP ROOM, à l’image des livres qui en se déployant dévoilent, en un instant, un univers immense. Emerge ainsi en fond de jardin, comme une apparition dans les sous-bois, un point de perspective et d’attraction dans la grande ligne visuelle du RDC.
La pop up room est conçu comme un mobilier de jardin, légère, transparente et amovible. Elle joue du paysage, le laisse la traverser, l’accompagne, le magnifie.

Ce petit espace tout de verre vêtu, comme un bijou dans un écrin de verdure, accueillera des discussions plus intimes, des débats en petits nombre, des déjeuners littéraires, un atelier d’artiste en résidence, etc.…

Plongé dans les sous bois ou isolé par un même système de rideaux, l’espace peut accueillir 16 personnes. Il sera équipé d’un rétroprojecteur et d’un écran rétractable dans le faux plafond.
La construction effleure à peine le sol pour que l’empreinte du bâti soit la plus légère possible. 4 points de contact, un plancher bas, une couverture, 4 poteaux fins et une façade tout en verre. Tous les éléments arrivent préfabriqués sur place et sont assemblés en un minimum de temps pour minimiser l’impact sur la végétation et pour les voisins. Elle est démontable si cela est nécessaire.

  • 5/ Un espace vert magnifié - un paysage de sous-bois

Entre une façade grande ouverte et la pop up room, un jardin, un espace vert protégé, un espace à magnifier. Un écrin comme un paysage, un univers offert aux étudiants, le jardin est un projet à part entière.
Il se développe en trois séquences sur le thème du sous-bois. L’orientation, les ombres portées du bâtiment et des arbres orientent les décisions.

Parmi les 7 érables, 2 à 3 arbres dominés seront arrachés pour permettre aux arbres dominants de s’épanouir et de perdurer.
Un cheminement composé de planches de bois permet d’accéder à la pop up room en fond de parcelle et de parcourir le jardin.
La première séquence de plain-pied avec le bâtiment sera retrouvée en pleine terre et recouverte de copeaux de bois de deux teintes pour protéger la terre. Ce premier plan rappelle les terres du Sénégal dans la teinte.

La deuxième séquence, un niveau plus haut (niveau actuel du jardin pour ne pas toucher aux pieds des arbres), offre un paysage de sous-bois composé de plantes basses aux abords du passage aménagé pour l’accès à la pop up room. Une séquence de fougères suit pour donner un peu de hauteur au paysage. Les fougères parcourent la deuxième séquence entre les arbres et jusqu’aux murs de clôture. Le sol est toujours protégé de copeaux de bois de teinte plus sombre.

Les murs de clôtures servent aussi de support à végétalisation. Sur les deux premières séquences, ils supportent une végétation grimpante de type vigne vierge.

Enfin la troisième séquence, au-delà des arbres, la plus éclairée, recompose un imaginaire de clairière. Un tapis de mousse au sol supporte avec légèreté la petite installation en verre. Les murs de clôtures latéraux et celui du fond sont recouverts de bardeaux de bois.

FINALEMENT

De nouveaux espaces aménagés, une petite installation délicate en fond de parcelle, des éléments simples, des rideaux, des assises en bois et un paysage pour lier l’ensemble, l’intervention appelle à la méditation, au respect et à la créativité.

Un espace plus bucolique pour la prospective en contraste avec un espace fonctionnel dans le corps de bâtiment principal pour accueillir l’administration.